" LE JEU DE MARIVAUX " tirés d’œuvres de Mariveaux

Spectacle tout public dés 10 ans

Durée estimée : 1 heure 30.

Adaptation/Mise en scène : Patrick Ponce

Scénographie et Décor : Stéphane Gambin.

Distribution : Bruno Bonomo, Stéphane Gambin

                           Marc Menahem et  Ana Maria Haddad Zavadinack

Création lumière : Jean-Bastien Nehr.

Attachée de production : Annalisa Vetrone.

Production : Cartoun Sardines Théâtre.

Création à l'espace Nova de Velaux (13)

le vendredi 13 Novembre 2020

La diffusion du spectacle est prévue

pour la saison 2020/2021

Si on pouvait anticiper et dominer nos désirs et nos envies, notre vie artistique n’aurait sans doute pas le goût si particulier de l’aventure.

Le spectacle Angèle (d’après Marcel Pagnol et le roman de Jean Giono « Un de Baumugnes ») par la compagnie Cartoun Sardines Théâtre, a été créé en septembre 2018 au Théâtre Comoedia d’Aubagne. C’est manifestement une réussite, eu égard aux nombreux retours du public et des professionnels.

Quel sera notre projet 2020 ? Il est une planète de la galaxie théâtrale, non encore explorée par la compagnie, qui brille passionnément dans notre firmament : le théâtre de Marivaux. Son champ d’attraction a « aimanté » notre vaisseau, et notre mission, que nous acceptons, consiste à nous poser sur le sol amoureux du théâtre et de la vérité, pour y découvrir :

« Le Jeu de Marivaux ».

L’idée

Les différents extraits de textes choisis émanent des pièces les plus connues de Marivaux. Ces scènes sont regroupées au sein d’un même spectacle afin d’émouvoir, enflammer et offrir au spectateur un florilège de couleurs, de situations et de personnages rendus célèbres. Nous pensons les connaître mais nous proposons de les redécouvrir à notre façon, à travers le filtre pur, puissant, émouvant et déformant du jeu d’acteur.

Il s’agît de jeux, d’enjeux, de maître du jeu, d’acteurs, de mises en scène, de figures imposées, de souffles, de sueur, d’amour, de vie et de théâtre.

Nous jouons à Marivaux !

LA FICTION

Trois acteurs, deux hommes et une femme, sont conviés à jouer devant un public, quelques scènes célèbres des œuvres de Marivaux. C’est une tentative à laquelle ils se livrent, sans en connaître les règles. Sur la scène, et devant les spectateurs, ils vont se découvrir et jouer ces extraits ; ce qui paraît être une gageure, une expérience en direct, est un dialogue permanent.

En effet, chaque acteur est équipé d’une oreillette, le reliant (de façon virtuelle) à une personne extérieure : régisseur, metteur en scène, auteur… Le mystère est entier car le spectateur n’entend pas les indications… Chaque acteur se retrouve à suivre ces recommandations.  

Ils sont aidés par un majordome/machiniste/ manipulateur, quatrième complice, chargé de la mise en place du décor et de la bonne marche des scènes. Il est sourd et muet.

Nous suivons les différents parcours de ces trois aventuriers-joueurs qui vont livrer aux spectateurs leur ressenti spontané, leurs efforts pour se connaître, se comprendre, et jouer ensemble les scènes célèbres de l’auteur.

Ils ont l’obligation de s’adapter aux règles d’un théâtre inventé devant le spectateur…

Le public assiste à ce « Jeu de Marivaux » comme à un combat généreux, solidaire et passionné. Un théâtre de l’amour et de l’instant.

LE PARTIS PRIS

Marivaux écrit dans un style souple et délicat, mais sans mièvrerie, et surtout sans faiblesse. Ce style est dramatique ; il a dans ses dialogues de la verve et une sûreté parfaite dans la notation des nuances. Il excelle à nous montrer la confusion et le trouble gentiment ridicules où les « surprises de l’amour » jettent ses personnages. Ses imitateurs seuls, et non point lui, sont coupables de marivaudage. Il est avant tout un auteur des Lumières, dénonçant et se jouant des réalités sociales de l’époque. Mais le sens du comique ne manque pas à Marivaux. 

Il s’agît pour nous de prendre des bouts de scènes de différentes pièces de Marivaux, au sens littéral du mot « dialogue » et de ses didascalies et d’en jouer comme bon nous semble, dans une suite originale, subtilement construite :

- Un premier « dialogue » : celui des personnages de Marivaux, écrit pour chaque scène et des didascalies voulues par l’auteur.

- Un « dialogue » fictif : imaginer avant, pendant et après chaque scène, des informations et suggestions reçues et entendues par chaque acteur, et données par une voix virtuelle, grâce à une oreillette.

- Enfin un « dialogue » intime et dévoilé, relation entre le spectateur et l’acteur, à travers les essais, les doutes, les choix, les certitudes et les erreurs du comédien affairé à sa tâche, émanant d’une voix intérieure et jouée (la sienne propre) et celle inventée, étrangère, discrète mais catégorique, du maître fictif agissant dans l’instant et au creux de son oreille.

L’intrigue est menée comme une expérience proposée à trois acteurs en recherche de défi théâtral. Ils jouent, constamment et sans interruption un théâtre de l’amour et de l’instant.

 

Il s’agît d’un prétexte pour explorer les arcanes du jeu d’acteur et découvrir les chemins multiples semés d’embûches, au détour desquels il se perd souvent, s’embrouille, se débrouille, se surprend et enfin se surpasse. La collision et le télescopage de ces différents points de vue enrichissent le propos et emportent le spectateur dans une deuxième histoire ajoutée à celle du magnifique théâtre de Marivaux.

Nous alternons entre le doute et le plaisir vécus des acteurs dirigés, ainsi que le drame et la comédie inhérente aux personnages. La situation se retrouve parfois singulière, paradoxale, drôle ou difficile, mais toujours émouvante, amoureuse et généreuse.

Un petit air de « Nouvelle Vague » flotte au-dessus de la scène, comme un parfum grisant de liberté…