" DOUBLE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD" d'après Marivaux

Spectacle tout public dès 10 ans

Durée estimée : 1 heure 15.

Adaptation/Mise en scène : Patrick Ponce.

Scénographie et Décor : Stéphane Gambin.

Distribution : Bruno Bonomo, Stéphane Gambin

                           Anouk Darne Tanguille et Raphaël Bocobza.

Création lumière : Jean-Bastien Nehr.

Régie lumière : Laurie Fouvet ou leïla Hamidaoui.

Régie générale : Stéphane Gambin.

Attachée de production : Annalisa Vetrone.

Production : Cartoun Sardines Théâtre.

Crédit Photos : Thibaud Ponce.

Création à l'espace Nova de Velaux (13) Reportée

le vendredi 5 Novembre 2021

La diffusion du spectacle est prévue

pour la saison 2021/2022

Si on pouvait anticiper et dominer nos désirs et nos envies, notre vie artistique n’aurait sans doute pas le goût si particulier de l’aventure.

Le spectacle Angèle (d’après Marcel Pagnol et le roman de Jean Giono « Un de Baumugnes ») par la compagnie Cartoun Sardines Théâtre, a été créé en septembre 2018 au Théâtre Comoedia d’Aubagne. C’est manifestement une réussite, eu égard aux nombreux retours du public et des professionnels.

Quel fut notre projet 2020, qui sera reporté, malgré nous en 2021 ? Il est une planète de la galaxie théâtrale, non encore explorée par la compagnie, qui brille passionnément dans notre firmament : le théâtre de Marivaux. Son champ d’attraction a « aimanté » notre vaisseau, et notre mission, que nous acceptons, consiste à nous poser sur le sol amoureux et hasardeux des êtres pour y découvrir « le jeu de l’amour et du hasard ». Et pour en imaginer une version toute singulière qui devient « DOUBLE jeu de l’amour et du hasard ».

L’idée

Et si trois acteurs s’éprenaient du « jeu de l’amour et du hasard » au point d’en multiplier les enjeux et les masques… Ils défient de façon farfelue, fantaisiste et en toute liberté la distribution de la pièce : trois acteurs pour six personnages.

Faire jouer à la même actrice la maîtresse et la servante, au même acteur le maître et le valet, et au troisième le père et le fils.

Pour cela, ils entraînent le spectateur dans les coulisses de l’acteur. Ils l’immergent dans leurs questionnements et le rendent complice de leurs états d’âme. Ils dévoilent l’apprentissage personnel de leur double caractère, issu d’une société classifiée et hiérarchisée, pour découvrir chaque nuance de leur « double » personnage.    

Nous pensons connaître cette facétie théâtrale mais nous proposons de la redécouvrir à notre façon, à travers le filtre pur, puissant, émouvant et déformant du jeu d’acteur.

Il s’agît de jeux, d’enjeux, de maître du jeu, de mises en scène, de souffles, de sueur, de fantaisie, de maladresses, d’amour, de vie et de théâtre.

Nous jouons avec Marivaux !

La fiction

Une première partie : Le laboratoire

Une actrice et deux acteurs livrent directement au spectateur leur gageure. Jouer

deux personnages de la pièce qui ont volontairement inversé leur identité. Comment construire leur contraste à vue et en toute transparence ?

On assiste à une sorte de documentaire illustré de scènes travaillées, d’essais multiples, de confidences directes, instinctives ou irraisonnées.

Ils sont aidés par un machiniste, quatrième complice, ombre chargée de la mise en place du décor et de la bonne marche du travail.

L’ensemble des scènes abordées de façon disparate, nous fait entrer peu à peu et méthodiquement dans l’intrigue de la pièce.

Le travail et le laboratoire expérimental terminés, leurs facéties avouées, les acteurs, forts du double visage de leurs personnages, peuvent s’aventurer dans la pièce. 

Une deuxième partie : La pièce 

Le puzzle du jeu de l’amour et du hasard se résout, remettant chaque « pièce »

manquante au bon endroit afin que le spectateur en découvre le déroulement initial ou improbable.

Tout n’est qu’apparence et jeu de cache-cache mais chaque acteur entraîne le public dans son intimité d’histoires de personnages à jouer. Marivaux en ressort indemne et actuel.

Le parti pris

Marivaux écrit dans un style souple et délicat, mais sans mièvrerie, et surtout sans faiblesse. Ce style est dramatique ; il a dans ses dialogues de la verve et une sûreté parfaite dans la notation des nuances. Il excelle à nous montrer la confusion et le trouble gentiment ridicules où les « surprises de l’amour » jettent ses personnages. Ses imitateurs seuls, et non point lui, sont coupables de marivaudage. Il est avant tout un auteur des Lumières, dénonçant et se jouant des réalités sociales de l’époque. Mais le sens du comique ne manque pas à Marivaux. 

Il s’agît pour nous de prendre des bouts de scènes de différentes pièces de Marivaux, au sens littéral du mot « dialogue » et de ses didascalies et d’en jouer comme bon nous semble, dans une suite originale, subtilement construite :

- Un premier « dialogue » : celui des personnages de Marivaux, écrit pour chaque scène et des didascalies voulues par l’auteur.

- Un « dialogue » fictif : imaginer avant, pendant et après chaque scène, des informations et suggestions reçues et entendues par chaque acteur, et données par une voix virtuelle, grâce à une oreillette.

- Enfin un « dialogue » intime et dévoilé, relation entre le spectateur et l’acteur, à travers les essais, les doutes, les choix, les certitudes et les erreurs du comédien affairé à sa tâche, émanant d’une voix intérieure et jouée (la sienne propre) et celle inventée, étrangère, discrète mais catégorique, du maître fictif agissant dans l’instant et au creux de son oreille.

L’intrigue est menée comme une expérience proposée à trois acteurs en recherche de défi théâtral. Ils jouent, constamment et sans interruption un théâtre de l’amour et de l’instant.