D’après les pièces de Frank Wedekind
Avec le film de G.W Pabst

Le côté passionnant de cette démarche est le travail effectué pour relier le cinéma et le théâtre. Parfois, Dominique Sicilia et Patrick Ponce jouent en synchronisme avec leurs collègues du 7ième Art. Leurs gestes se lisent en miroir. Parfois, ils montrent ce que la caméra n’a pas pris dans son champ. Leurs actes ajoutent une présence.
Parfois encore, ils sont en décalage et donnent de l’autonomie à leurs personnages.
Ils rappellent que ce drame expressionniste fut d’abord une pièce. Il leur arrive aussi de fusionner avec la projection en apparaissant en transparence derrière l’écran. Leur performance est surprenante. Il y a là une succession de subtilité qui crée la richesse de cette exhibition savoureuse, que ponctuent les musiques jouées en direct par Pierre Marcon. Le spectateur se trouve confronté à une mise en abîme, comme dans « La Rose pourpre du Caire » de Woody Allen. Il éprouvera ce plaisir très intellectuel de voyager d’un univers à un autre, d’un art à un autre. Il comparera les perceptions qu’engendrent le théâtre, art vivant et le cinéma, art de l’apparence.
Michel Voiturier

Associer le cinéma à la scène c’est travailler sur la succession des plans,
les apposer aux images théâtrales de manière à tailler des facettes aux personnages ou
afin d’envisager plusieurs points de vue. C’est un procédé de montage.
C’est la collision entre ses deux matières, théâtre et cinéma, qui donne sa cohérence au spectacle.
La pièce de Wedekind, osée et cruelle, le théâtre, sa manipulation d’illusion brute et naïve, se mêlent au cinéma, au film de Pabst, sophistiqué. L’association et l’opposition de l’image et du vivant, le rapprochement des deux, est son fondement.

L’histoire
Berlin. Lulu est danseuse de revue.
Belle, séduisante et provocante, au centre d’un monde masculin et bourgeois,
Lulu est une femme libre et riche.
Elle excite les fantasmes et révèle les vices des hommes qui tentent de la posséder.
Berlin, Paris puis Londres, la petite troupe bohème prise dans une fuite en avant, ivre de désir, étourdie par l’argent, se laisse guider par ses pulsions et la tentation du danger.
Pour Lulu, le rêve à ses limites. Au terme de cette épopée décadente, dans le brouillard des rues de Londres, évoluant comme dans un cauchemar, elle s’abandonne un soir dans les bras d’un inconnu, un certain Jack qui, à l’époque, défraya la chronique.